Juliette Rizoud reprend l’interprétation de Jeanne d’Arc. La spécificité du texte de Delteil est d’être un concentré d’énergie. L’auteur brasse, mêle : le ciel _ la laine des bestiaux _ le blé _ l’odeur de l’étable _ la terre, baigne le tout dans la Meuse et insuffle à son généreux agrégat une vitalité communicative. Impossible de rester sage devant SA Jeanne. On veut jouer avec elle. Delteil balaie la question de la réelle existence de Jeanne d’Arc. Il nous emplit d’une certitude : elle vit. Elle est devant nous. De la naissance au bûcher, les grands événements nous sont rapportés, non du point de vue historique, mais de celui du cœur, de l’organe central, du muscle qui bat et impose son rythme. D’un plateau vide, le spectacle va se constituer sous nos yeux.
